{"id":677,"date":"2022-09-24T12:28:28","date_gmt":"2022-09-24T12:28:28","guid":{"rendered":"https:\/\/aepm.com.br\/?p=677"},"modified":"2025-12-03T14:07:12","modified_gmt":"2025-12-03T14:07:12","slug":"desir-et-angoisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/2022\/09\/24\/desir-et-angoisse\/","title":{"rendered":"D\u00e9sir et angoisse"},"content":{"rendered":"<p style=\"padding-left: 360px; text-align: justify;\"><!--more-->C\u2019est tout de m\u00eame dans la mesure o\u00f9 un savoir est dans ce travail d\u2019\u00e9laboration \u2013 que nous dirons communautaire plus que collective \u2013 de l\u2019analyse, parmi ceux qui ont son exp\u00e9rience, les analystes, qu\u2019un certain savoir est constitu\u00e9, par rapport auquel un certain travail de rassemblement est concevable, qui justifie la place que peut prendre un enseignement comme celui qui est fait ici.\u00a0 (S\u00e9minaire 10, p. 26).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai commenc\u00e9 avec quelques coupures du S\u00e9minaire 10, L\u2019angoisse, comme points de d\u00e9part. Elles ont \u00e9t\u00e9 tir\u00e9es de la le\u00e7on o\u00f9 Lacan introduit le th\u00e8me du s\u00e9minaire. Il serait important que lors de la lecture de ce texte, les r\u00e9f\u00e9rences soient lues dans leur contexte de S\u00e9minaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u201cJe dis encore mieux puisque r\u00e9cemment il a pu m\u2019appara\u00eetre, \u00e0 propos de ce qui s\u2019est dit du fantasme \u00e0 une des r\u00e9unions dites provinciales de notre Soci\u00e9t\u00e9, que quelque chose avait dans votre esprit, concernant cette structure si essentielle que s\u2019appelle le fantasme, pris effectivement sa place. Vous voyez que celle de l\u2019angoisse n\u2019est pas loin de celle-l\u00e0 pour raison que c\u2019est bel et bien la m\u00eame.&#8221;<\/em> (p. 7).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;Apr\u00e8s tout, sentir ce que le sujet peut supporter, de l\u2019angoisse, c\u2019est ce qui vous met \u00e0 l\u2019\u00e9preuve \u00e0 tout instant.&#8221;<\/em> (p. 9).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;&#8230;dans mon discours de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re j\u2019ai cru devoir vous avertir et projeter \u00e0 l\u2019avance une formule vous indiquant le rapport de l\u2019angoisse, essentiel, au d\u00e9sir de l\u2019Autre.&#8221;<\/em> (p.10).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>&#8220;&#8230; C\u2019est dans le jeu de la dialectique qui noue si \u00e9troitement ces deux \u00e9tages (ceux du graphe) que nous allons voir s\u2019introduire la fonction de l\u2019angoisse, non pas qu\u2019elle en soit elle-m\u00eame le ressort, mais qu\u2019elle soit par les moments de son apparition ce qui nous permet de nous y orienter. [&#8230;] Ainsi donc, au moment o\u00f9 j\u2019ai pos\u00e9 la question de votre rapport d\u2019analystes \u00e0 l\u2019angoisse &#8211; question qui justement laisse en suspens celle-ci : qui m\u00e9nagez-vous ? l\u2019autre, sans doute, mais aussi bien vous-m\u00eame, et ces deux m\u00e9nagements pour se recouvrir ne doivent pas \u00eatre laiss\u00e9s confondus \u2013 c\u2019est m\u00eame l\u00e0 une des vis\u00e9es qui \u00e0 la fin de ce discours vous seront propos\u00e9es. &#8220;<\/em> (p. 10 et 11).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-674 aligncenter\" src=\"https:\/\/aepm.com.br\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/grafo-do-desejo-256x300.jpg\" alt=\"\" width=\"256\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/aepm.com.br\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/grafo-do-desejo-256x300.jpg 256w, https:\/\/aepm.com.br\/wp-content\/uploads\/2022\/09\/grafo-do-desejo.jpg 586w\" sizes=\"(max-width: 256px) 100vw, 256px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le parcours de Lacan \u00e0 travers le graphe se fait exactement pour d\u00e9limiter ses termes et son fonctionnement sur le sujet. Cela permet de montrer le parcours d\u2019une analyse \u00e0 travers la d\u00e9subjectivation &#8211; c\u2019est-\u00e0-dire l\u2019appui du sujet de plus en plus dans le signifiant, dans l\u2019Autre et dans la proportion inverse, dans le moi, dans l\u2019image de soi et dans l\u2019autre, le semblable \u2013 Il traverse la fantaisie et impose au sujet une relation Autre avec le d\u00e9sir qui n\u2019est pas seulement \u00e0 travers le sympt\u00f4me. Ce parcours est guid\u00e9 par l\u2019angoisse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans le s\u00e9minaire 6, Le d\u00e9sir et son interpr\u00e9tation, Lacan fait une pr\u00e9cision topologique entre la d\u00e9tresse, le d\u00e9sir et l\u2019angoisse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8220;\u2026 c\u2019est que dans la pr\u00e9sence primitive du d\u00e9sir de l\u2019autre comme opaque, comme obscure, le sujet est sans recours. Il est hilflos. &#8211;\u00a0 Hilflosigkeit &#8211; j\u2019emploie le terme de Freud &#8211; en fran\u00e7ais, cela s\u2019appelle la d\u00e9tresse du sujet. C\u2019est l\u00e0, ici, le fondement de ce qui, dans l\u2019analyse, a \u00e9t\u00e9 explor\u00e9, exp\u00e9riment\u00e9, situ\u00e9 comme l\u2019exp\u00e9rience traumatique. [&#8230;] Sachez que, sur ce sujet, Freud a un enseignement articul\u00e9, positif, il fait de l\u2019angoisse quelque chose de tout \u00e0 fait situ\u00e9 dans une th\u00e9orie de la communication : l\u2019angoisse est un signal. Ce n\u2019est pas au niveau du d\u00e9sir, si tant est que le d\u00e9sir doit se produire \u00e0 la m\u00eame place o\u00f9, d\u2019abord s\u2019origine, s\u2019exp\u00e9rimente, la d\u00e9tresse, ce n\u2019est pas au niveau du d\u00e9sir que se produit l\u2019angoisse&#8230;\u00a0 Freud nous dit que l\u2019angoisse se produit comme un signal dans le moi, sur le fondement de l\u2019 [Hilflosigkeit] \u00a0\u00e0 laquelle elle est appel\u00e9e comme signal \u00e0 rem\u00e9dier.&#8221; (p. 23 et p.24).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">&#8220;<em>Pour sortir de l\u2019angoisse, jette-toi dans le d\u00e9sir<\/em>.&#8221;(Antonio Carlos Rocha)<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le prochain, l\u2019autre, n\u2019est pas \u2018<em>heim\u2019<\/em>, nous dit Lacan. Se jeter dans l\u2019ab\u00eeme du d\u00e9sir de l\u2019Autre, c\u2019est se jeter dans le vide fondamental de l\u2019Autre, vide de l\u2019absence d\u2019un signifiant dans l\u2019Autre qui dirait au sujet ce qu\u2019il est l\u00e0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors, comment ne pas s\u2019accrocher \u00e0 la Demande de l\u2019Autre, la confondre avec son d\u00e9sir ? Ce que veut le n\u00e9vros\u00e9, c\u2019est qu\u2019on lui demande quelque chose, qu\u2019on lui pose une question. Mais l\u2019Autre ne veut rien. Le sujet substantifie l\u2019Autre dans l\u2019autre \u00e0 travers la Demande. Il se fait \u00eatre ou avoir ce que l\u2019autre veut de lui, en se faisant l\u2019illusion que s\u2019il y a un manque dans l\u2019Autre, le d\u00e9sir dans l\u2019Autre, ce manque est susceptible d\u2019\u00eatre satur\u00e9. L\u2019amour, dans lequel chaque demande s\u2019effondre, donne au sujet la possibilit\u00e9 de donner ce qu\u2019il n\u2019a pas \u00e0 celui qui ne veut rien. C\u2019est la man\u0153uvre le plus paradoxale de la n\u00e9vrose, car elle suppose qu\u2019il y a un &#8220;vouloir&#8221; dans l\u2019autre et un &#8220;avoir \u00e0 donner&#8221; dans celui qui croit ainsi exister dans sa consistance imaginaire. Le don d\u2019amour, ce qui est en lui devenu objet et comme tel, signe d\u2019amour, est une garantie qui apaise.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il faut faire le deuil du phallus pour atteindre le d\u00e9sir. Mais le n\u00e9vros\u00e9 ne veut rien donner, ne rien perdre, m\u00eame si apparemment il donne tout. Mais c\u2019est un donner qui cache ce qu\u2019il ne veut pas c\u00e9der \u00e0 l\u2019Autre. Il donne tant qu\u2019il ne donne pas ce qu\u2019il suppose que l\u2019Autre d\u00e9sire : son manque. Sa d\u00e9tresse est superpos\u00e9e par le &#8220;\u00eatre (\u00e9tant) tomb\u00e9&#8221;. Comme l\u2019objet<em> a<\/em>, il tombe chaque fois que son manque de sujet se pr\u00e9sente. Et c\u2019est aussi de cela que l\u2019on fait un parcours d\u2019analyse. Mais la chute, l\u2019\u00eatre d\u00e9chu, est crainte comme s\u2019il s\u2019\u00e9tait agi d\u2019un abandon, et peut \u00eatre v\u00e9cue comme une d\u00e9tresse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Se jeter dans l\u2019ab\u00eeme, c\u2019est avoir le courage de continuer en renon\u00e7ant \u00e0 ce qui le soutient, \u00e0 l\u2019illusion narcissique, \u00e0 l\u2019image id\u00e9ale, pour laquelle le n\u00e9vros\u00e9, sans le savoir, paie le prix de sa vie. Ainsi, dans la n\u00e9vrose, l\u2019angoisse est la garantie. Elle garantit la distance de cet ab\u00eeme. Le choix forc\u00e9 de la n\u00e9vrose est de vivre dans la menace de la castration plut\u00f4t que d\u2019assumer le vide de l\u2019Autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9sirer, c\u2019est vivre le paradoxe de la transgression, du d\u00e9gagement des voies sutur\u00e9es par la Demande. Mais la transgression d\u00e9clenche la culpabilit\u00e9, car elle transmet \u00e0 chacun la nouvelle de la limite qui a \u00e9t\u00e9 franchie. La chose, cependant, elle n\u2019est pas dans le champ des signifiants, elle est hors du domaine du sujet du d\u00e9sir. Elle est dans le r\u00e9el que nous n\u2019approchons que par le symbolique ou par l\u2019imaginaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u2019\u00e9criture peut \u00eatre donner de ce que vous n\u2019avez pas, que vous ne savez pas, \u00e0 celui qui ne demande rien. \u00c9crire, c\u2019est prendre des risques sur ce qui appara\u00eet dans le texte, cela peut \u00eatre un acte de don. C\u2019est toujours une chance de se laisser tomber, de tomber, de se lancer dans le vide de l\u2019Autre. Il s\u2019agit de se soumettre, douloureusement ou joyeusement, peu importe,\u00a0 \u00e0 ce que les lettres dictent aux mots.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On peut, cependant, \u00e9crire sur ce que l\u2019on sait, organiser ce que l\u2019on a appris et montrer, surtout \u00e0 soi-m\u00eame, une perc\u00e9e th\u00e9orique. La lettre, elle, \u00e9chappe quand m\u00eame.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je peux, comme je le fais maintenant, me perdre dans le texte, et, \u00e9tant perdue, perdre quelque chose. Il n\u2019y a pas de vie sans perte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">J\u2019ai entendu plusieurs fois d\u2019Antonio Carlos que la &#8220;formule&#8221; pour apaiser l\u2019angoisse est de se jeter dans le d\u00e9sir. \u00c0 chaque fois, et non une fois pour toutes\u00a0! Les cons\u00e9quences, l\u2019impr\u00e9visible, l\u2019insu (parce que ce n\u2019est qu\u2019apr\u00e8s que l\u2019on peut savoir) nous dispensent (un petit peu) de la croyance dans le phallique et soutiennent la cause. Dans la lettre, dans le vide, dans le n\u00e9ant.\u00a0\u00a0 Dans l\u2019intervalle entre les signifiants o\u00f9 nous ex-sistons dans l\u2019Autre.<\/p>\n<hr \/>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">* Texte lu lors de la Rencontre des Cart\u00e9is Lacanianos et \u00e0 peine l\u00e9g\u00e8rement modifi\u00e9 pour cette publication.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[12],"tags":[82,81,83],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/677"}],"collection":[{"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=677"}],"version-history":[{"count":8,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/677\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1145,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/677\/revisions\/1145"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/aepm.com.br\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}